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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 09:40

"Nous vivons, pour la première fois, dans une société où l'immense majorité des enfants qui viennent au monde sont des enfants désirés. Cela entraîne un renversement radical : jadis, la famille "faisait des enfants", aujourd'hui, c'est l'enfant qui fait la famille. En venant combler notre désir, l'enfant a changé de statut et est devenu notre maître : nous ne pouvons rien lui refuser, au risque de devenir de "mauvais parents"...

Ce phénomène a été enrôlé par le libéralisme marchand : la société de consommation met, en effet, à notre disposition une infinité de gadgets que nous n'avons qu'à acheter pour satisfaire les caprices de notre progéniture.

Cette conjonction entre un phénomène démographique et l'émergence du caprice mondialisé, dans une économie qui fait de la pulsion d'achat la matrice du comportement humain, ébranle les configurations traditionnelles du système scolaire.

 

 

Pour avoir enseigné récemment en CM2 après une interruption de plusieurs années, je n'ai pas tant été frappé par la baisse du niveau que par l'extraordinaire difficulté à contenir une classe qui s'apparente à une cocotte-minute.Dans l'ensemble, les élèves ne sont pas violents ou agressifs, mais ils ne tiennent pas en place. Le professeur doit passer son temps à tenter de construire ou de rétablir un cadre structurant. Il est souvent acculé à pratiquer une "pédagogie de garçon de café", courant de l'un à l'autre pour répéter individuellement une consigne pourtant donnée collectivement, calmant les uns, remettant les autres au travail.

Il est vampirisé par une demande permanente d'interlocution individuée. Il s'épuise à faire baisser la tension pour obtenir l'attention. Dans le monde du zapping et de la communication "en temps réel", avec une surenchère permanente des effets qui sollicite la réaction pulsionnelle immédiate, il devient de plus en plus difficile de "faire l'école". Beaucoup de collègues buttent au quotidien sur l'impossibilité de procéder à ce que Gabriel Madinier définissait comme l'expression même de l'intelligence, "l'inversion de la dispersion".

 

Dès lors que certains parents n'élèvent plus leurs enfants dans le souci du collectif, mais en vue de leur épanouissement personnel, faut-il déplorer que la culture ne soit plus une valeur partagée."

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Publié par JeuSetEtMaths - dans Enseignement & Pédagogie
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jérôme chauvet 06/01/2016 12:56

Bonjour,

Un article un peu expéditif, qui mêle une analyse à un sentiment malheureusement négatif. Je pense pour ma part que l'école a toujours été synonyme de frustration pour beaucoup. Combien de gens, enfants du 20ème siècle, qui avait appris à se taire en classe, devinrent autre chose que ce que le système éducationnel avait programmé ? Il y a toujours eu quelques bons élèves, le haut du classement, et puis les autres. Et un professeur à se plaindre de façon absurde que tous ses élèves n'étaient pas premier au classement général... Le bon côté pour le professeur était de pouvoir faire son travail quand bien même il ne pouvait pas enseigner correctement à la totalité d'une classe. Et la notion de sens du collectif d'autrefois que vous énoncez n'est sans doute pas étrangère à la notion d'abnégation de soi comprise par la contrainte (qui conduit au refoulement et à la violence institutionnelle) plutôt qu'à la notion de collaboration active et constructive (qui donne les meilleurs résultats en pédagogie).

Ce que nous observons aujourd'hui est la suite naturelle des évènements : une demande de l'adaptation du système éducatif aux spécificités de l'individu. C'est un fait, chacun de nous est différent. De l'individualisation des exigences émerge en réalité la coopération naturelle, la solidarité comprise et admise, celle que nous mettons à l’œuvre par exemple dans le cadre du travail autour de projets communs, quand nous avons un rôle bien déterminé (notre métier). Quoi de plus normal finalement : amusez-vous à comptabiliser les dégâts occasionnés par un conservatisme borné, et vous prendrez toute la mesure de l'intérêt de nous tourner aujourd'hui vers l'adaptabilité, l'individuation, la progressivité, le changement, la transformation.

Le point positif est que nous vivons dans un monde en construction. Et certes, construire est difficile...

Cordialement,